Le périmètre et les enjeux du SAGE

 

Le périmètre du SAGE des Deux Morin correspond aux bassins versants du Petit Morin et du Grand Morin. Le périmètre du SAGE a été arrêté par le Préfet coordonnateur de bassin le 14 septembre 2004. Ce périmètre se répartit sur 3 régions (Ile de France, Champagne-Ardenne et Picardie), sur 3 départements (Seine et Marne, Marne et Aisne) et comprend 175 communes réparties de la façon suivante:

  • 103 communes de la Seine et Marne
  • 67 communes de la Marne
  • 5 communes de l’Aisne
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    Télécharger l’arrêté préfectoral de délimitation du périmètre du SAGE des Deux Morin.

     
     
     
     
     
    Le SAGE s’articule autour de 6 axes principaux : 
     

    ©SEE                                              
    Améliorer la qualité de l’eau
     
    La préoccupation première en termes de qualité de l’eau est l’importance de la contamination par les phytosanitaires sur l’ensemble du bassin versant des Deux Morin et dans les eaux souterraines. Cette contamination entraîne la non-atteinte du bon état des eaux pour 60% des captages et de nombreuses non-conformités de la qualité de l’eau potable distribuée (plus de 50% de la population en 2006).
    Même si elle est moins généralisée (20% des captages), la contamination par les nitrates pose également problème sur certaines masses d’eau du SAGE (Aubetin et Grand Morin aval).
    Les activités agricoles (majoritairement grandes cultures, et viticulture sur le Petit Morin amont), sont principalement à l’origine d’apports excédentaires en nitrates et pesticides. Vis-à-vis des phytosanitaires, des utilisations non agricoles (entretien des espaces communaux, voiries, jardins particuliers...) contribuent également aux contaminations observées. Les tendances générales sont plutôt à l’amélioration des pratiques mais qui apparaissent insuffisantes (pas d’inversion généralisée de la qualité des eaux souterraines attendue à moyens termes).
    En ce qui concerne les autres dégradations de la qualité des eaux superficielles (nutriments : azote et phosphore), celles-ci sont localisées à l’aval du bassin (du Grand Morin et de l’Aubetin), et les projets en cours ou réalisés récemment sur les ouvrages d’assainissement collectifs vont réduire significativement les flux. Cependant d’autres sources de pollution, notamment les réseaux de collecte défectueux des eaux usées, les dispositifs non conformes d’assainissement non collectif ou les apports des eaux pluviales demeurent peu traitées.
     
     
    Améliorer la gestion quantitative de la ressource en eau
     
    Jusqu’à présent, la satisfaction des besoins en eau sur le territoire, essentiellement liés à l’alimentation en eau potable (à 85%) a rencontré peu de problèmes quantitatifs.
    Cependant les nappes (notamment celles des calcaires de Champigny et de la craie) connaissent un déficit de recharge (lié au déficit de pluviométrie hivernale) depuis plusieurs années et par conséquent une baisse de leur niveau piézométrique. Par ailleurs ces nappes contribuent au soutien d’étiage des cours d’eau, dont certains rencontrent des assecs sévères (Aubetin et Grand morin aval), ainsi qu’au maintien de certaines zones humides et de la richesse écologique associée (en particulier des Marais de St-Gond).
    Ainsi depuis 2003, les niveaux des nappes et des cours d’eau passent régulièrement sous les seuils de crise et de crise renforcée entrainant une limitation des usages de l’eau. De plus les déficits hydriques en période estivale sont amenés à être plus fréquents du fait du changement climatique.
     
      

    ©F. Couturier

     
     
    ©F.Couturier                                     
     
    Restaurer la fonctionnalité des cours d’eau et milieux associés
     
    La dégradation des conditions hydromorphologiques (hauteurs d’eau, débits, substrats, berges) et donc des habitats aquatiques nécessaires au développement des espèces aquatiques sont liées aux aménagements hydrauliques passés (rectification, recalibrage, curage), plus prononcés sur certaines parties des cours d’eau (Grand Morin aval, Aubetin amont, Petit Morin dans les Marais de St-Gond), et surtout à l’important nombre d’ouvrages hydrauliques (130).
    Les opérations en cours et à venir sont insuffisants pour atteindre le bon état écologique demandé par la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). La réduction des impacts liés à l’existant demande une importante mobilisation des gestionnaires, une évolution des programmations de travaux actuelles et une vision plus coordonnée à l’échelle de bassins versants, ainsi que l’adhésion des propriétaires.

     

    Connaître et préserver les zones humides dont les marais de St Gond
    Les zones humides ont fortement régressé sur l’ensemble du bassin et celles qui subsistent, subissent des pressions fortes menaçant leur pérennité (assèchement, manque d’entretien, pression foncière…).
    La plus vaste zone humide du territoire, les Marais de St-Gond (tourbière alcaline de 1700 ha située au niveau des têtes de bassin du Petit Morin recèlant de nombreux habitats exceptionnels et une faune et une flore d’une très importante diversité), est aussi la plus représentative de ces pressions. La surface des marais a régresséd’environ 3000 ha en 50 ans, du fait essentiellement du drainage, de la mise en culture et de l’abandon du pastoralisme.
    Les autres zones humides du territoire sont principalement des formations forestières marécageuses et des prairies humides associées au réseau hydrographique (dans le lit majeur).
    Si, la progression de la connaissance globale des zones humides du bassin et les renforcements réglementaires récents (loi sur l’eau et les milieux aquatiques, SDAGE…), permettront une meilleurs prise en compte de ces milieux lors des projets d’aménagement, des impacts locaux subsistent et le niveau de protection des zones humides est encore insuffisant.
     
        
        ©CPNCA
     
    ©D. Thomas
    Prévenir et gérer les risques naturels liés à l’eau
     
    Les risques liés aux inondations se situent principalement en aval du bassin (partie Seine-et-Marnaise), en lien avec l’urbanisation et les activités économiques plus importantes développées à proximité des rivières.
    Si les crues constituent un phénomène naturel de la rivière qui ne peut être évité, la réactivité des cours d’eau aux épisodes pluvieux a été accrue par des aménagements à l’échelle des cours d’eau et du bassin versant (imperméabilisation, travaux de recalibrage, création de digues, disparition des zones humides, drainage des sols…).
    Ce risque est une préoccupation forte des collectivités concernées, et un certain nombre d’actions ont déjà été menées. Cependant, la problématique du ruissellement et les pratiques d’aménagement de l’espace favorable à la réduction du ruissellement, et à l’augmentation du pouvoir de stockage du bassin sont peu prises en compte sur le territoire. Cela implique une réflexion à l’échelle du bassin versant et pas seulement au niveau de la zone soumise au risque.

     

    Concilier les activités de loisirs liées à l’eau entre elles et avec la préservation des milieux aquatiques

    Les loisirs liés à l’eau les plus représentés sur le territoire du SAGE sont la pêche et le canoë-kayak. Si le développement des loisirs n’est pas une des missions du SAGE, il est important que celui-ci garantisse, pour les activités qui sont directement liées aux cours d’eau, que celles-ci se déroulent en cohérence avec les enjeux cités précédemment. Par ailleurs la pratique de ces activités de loisirs est un moyen de valoriser les cours d’eau et d’une manière générale les actions qui seront menées pour les restaurer.
     

    © Brens Achkar

     

     



     Dernière mise à jour: 22/06/2018